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Moyens de paiement en ligne : lesquels proposer pour ne pas perdre de ventes

Moyens de paiement en ligne : lesquels proposer pour ne pas perdre de ventes

Un visiteur remplit son panier, arrive sur la page de paiement, et cherche le logo qu’il a l’habitude d’utiliser. Il ne le trouve pas. Il ferme l’onglet. Vous ne saurez jamais qu’il est passé chez vous, et vous mettrez cet abandon sur le dos du prix ou des frais de port. Le choix des moyens de paiement fait partie des rares réglages d’une boutique où une décision prise en dix minutes se lit directement sur le chiffre d’affaires du mois suivant.

La carte bancaire d’abord, et de loin

92 % des cyberacheteurs français règlent leurs achats par carte bancaire. C’est le socle, et la discussion s’arrête là : si votre boutique n’accepte pas la carte proprement, rien d’autre ne compte.

Proprement, cela veut dire trois choses. Le formulaire doit rester dans votre tunnel, sans rediriger le client vers une page moche aux couleurs de la banque. L’authentification forte (le fameux code reçu par l’application bancaire) doit fonctionner sur mobile sans faire repartir de zéro. Et les cartes étrangères doivent passer, sinon vous refusez sans le savoir les commandes des clients belges, suisses ou canadiens qui vous trouvent par Google.

Les portefeuilles numériques ne sont plus un bonus

57 % des acheteurs en ligne utilisent un portefeuille numérique. PayPal domine encore la catégorie, surtout chez les plus de 45 ans et pour les achats chez un marchand inconnu : la garantie de remboursement joue un rôle de réassurance que votre page « qui sommes-nous » n’obtiendra jamais.

Apple Pay et Google Pay, eux, sont une histoire de vitesse. Sur mobile, où se joue désormais la majorité du trafic, ils remplacent la saisie de seize chiffres et d’une adresse par une empreinte digitale. L’écart de conversion mobile entre une boutique qui les propose et une boutique qui les ignore se compte en points, pas en dixièmes. Si vous devez ajouter un seul moyen de paiement ce trimestre, c’est celui-là.

Le paiement fractionné : puissant, mais pas pour tout le monde

Un cyberacheteur sur deux a déjà payé en plusieurs fois sur internet, et les trois quarts de ces paiements se font en trois ou quatre échéances. Alma, Klarna, Oney et leurs concurrents vous versent la totalité tout de suite et portent le risque d’impayé, contre 2 à 4 % du panier.

Notre avis, assumé : ça vaut le coup au-dessus de 150 euros de panier moyen, où l’étalement débloque des achats qui n’auraient pas eu lieu. En dessous de 50 euros, c’est un logo de plus qui vous coûte trois points de marge sans rien changer. Entre les deux, testez un mois et regardez si le panier moyen bouge, pas seulement le taux de conversion. Cet arbitrage rejoint directement la façon dont vous fixez vos prix en ligne sans abîmer votre marge.

Ce que ça coûte réellement

Les grilles tarifaires méritent cinq minutes de calcul sur vos propres volumes. Stripe applique 1,4 % + 0,25 € sur les cartes européennes et 2,9 % + 0,25 € au-delà. PayPal facture 2,9 % + 0,35 €, davantage à l’international. Sur 50 000 euros encaissés dans l’année, l’écart entre les deux dépasse facilement 600 euros, soit le prix d’un beau shooting photo.

Ce qui ne veut pas dire choisir le moins cher et s’arrêter là. PayPal rapporte des commandes que la carte seule n’aurait pas captées, donc ses 1,5 point supplémentaires se justifient. Le virement, lui, ne coûte presque rien mais impose une attente et une saisie manuelle : réservez-le aux paniers à quatre chiffres et au B2B, où le client a de toute façon un délai de règlement en tête. Quant au chèque et au contre-remboursement, ils appartiennent au passé, sauf clientèle très âgée et très fidèle.

Trois ou quatre suffisent

Les Français jonglent en moyenne avec 4,6 moyens de paiement différents. Tentant d’en aligner huit sur la page de paiement. Mauvaise idée : chaque logo supplémentaire demande une micro-décision, et une micro-décision devant un formulaire d’achat produit de l’hésitation, pas de la confiance.

La combinaison qui fonctionne pour la plupart des PME tient en quatre lignes : carte bancaire, Apple Pay et Google Pay sur mobile, PayPal, et le fractionné si vos paniers le justifient. Le reste peut attendre que vos statistiques le réclament. Si vous êtes encore en train de monter votre première boutique en ligne, commencez même par les trois premiers.

Ouvrez votre tunnel de commande sur votre téléphone ce soir et payez un produit à dix euros de votre poche. Le nombre d’écrans, de champs et de secondes que vous compterez vous dira, mieux que n’importe quelle étude, ce qu’il vous reste à corriger.